SHCS – 30 novembre 2018

Causes de l’épidémie VIH chez les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes et qui participent à la SHCS.

Kusejko K et al, „Quantifying the drivers of HIV transmission and prevention in men who have sex with men: a population model-based analysis in Switzerland

HIV Medicine 2018  ePub July 26, 2018

Les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes (HSH) représentent en Suisse le principal groupe à risque pour la transmission du VIH. Afin de pouvoir contrôler cette épidémie il est important de connaître l’efficacité des mesures de prévention ciblées. Les chercheurs de l’Etude suisse de cohorte VIH (SHCS) ont développé un modèle mathématique qui aide à comprendre quelles mesures de prévention sont décisives pour circonscrire l’épidémie VIH. Ils ont découvert qu’à long terme la meilleure manière d’affronter l’épidémie chez les HSH était l’introduction de la prophylaxie de préexposition (PrEP) chez les HSH séronégatifs et l’augmentation du nombre de tests VIH avec début immédiat de thérapie chez les personnes nouvellement diagnostiquées.

Les chercheurs de la SHCS ont simulé avec leur modèle mathématique l’épidémie VIH de 2001 à 2015. Ils ont tenu compte des facteurs suivants: l’intervalle entre la contagion et le diagnostic; le nombre d’infections diagnostiquées, traitées et traitées de manière efficace; le stade de l’infection VIH (taux de lymphocytes T auxiliaires) et l’utilisation de préservatifs lors de relations sexuelles occasionnelles.

Selon le modèle 3,4% de contagions ont pu être évitées grâce à un début précoce d’un traitement antirétroviral. L’utilisation de préservatifs lors des rapports sexuels a évité seulement 0.6% des contagions. Ce chiffre relativement bas est dû au fait que dans le modèle surtout les HSH sous traitement anti-VIH efficace avaient des rapports sexuels non protégés et par conséquent ne pouvaient pas transmettre le virus IH. Selon le modèle la plupart des infections a été transmise par des HSH qui se trouvaient dans la phase précoce de l’infection VIH. Les nouvelles contaminations ont pu être diminuées de plus de 10 pourcent en doublant le taux de nouveaux diagnostics de VIH. L’introduction de PrEP chez la moitié des HSH qui ont des partenaires occasionnels a diminué le taux de nouvelles infections VIH de 22 pourcent.

En résumé, cette étude montre qu’en Suisse la majorité des infections chez les HSH est transmise par des personnes dans la phase précoce de l’infection VIH. Une augmentation du taux des tests VIH et le début immédiat d’une thérapie VIH chez les personnes nouvellement diagnostiquées (« test&treat ») mènent à une forte diminution des nouvelles contagions. L’introduction de PrEP chez les HSH séronégatifs avec un comportement à risque a une influence décisive sur l’épidémie VIH. Les résultats de l’étude permettent de conclure qu’une PrEP facilement accessible et des tests VIH systématiques chez les HSH avec un comportement à risque seront décisifs pour mettre fin à l’épidémie VIH dans ce groupe à risque.



Commentaire Conseil Positif

David Haerry

L'étude résumée ci-dessus est un modèle basé sur les données recueillies par la SHCS. La conclusion la plus importante de cette étude se trouve dans la dernière section, et la confirmation des thèses vient de nous être livrée avec les numéros de cas de VIH en 2017. Une bonne et efficace prévention n'est pas de la sorcellerie. Il suffit de faire tout ce qui a fait ses preuves scientifiques et tout ce qui apporte quelque chose. Quiconque est impliqué dans le prochain Programme national sur le VIH et les autres infections sexuellement transmissibles (PNVI) devrait prendre cela à cœur.