Études – 25 août 2017

Nouvelles données de l’étude suisse de cohorte VIH - il existe un lien entre altération des fonctions cognitives liées au VIH et adhésion insuffisante au traitement


Déficits d’attention, allongement du temps nécessaire à assimiler les informations, dégradation des compétences linguistiques, pertes de mémoire – voilà quelques symptômes des troubles cognitifs des patients concernés. Nombre de symptômes surviennent généralement avec l’âge. Chez certains patients porteurs du VIH, ces effets apparaissent particulièrement tôt et beaucoup craignent ce type de complications. Les chercheurs de la SHCS ont étudié la question en détail.

L’altération des fonctions cognitives peut avoir de multiples sources. L’infection au VIH elle-même peut jouer un rôle. Mais il peut aussi exister d’autres causes chez les porteurs du VIH: la consommation de drogue ou d’alcool a des effets à long terme sur les fonctions cognitives, même en période de sobriété. Dépression, angoisses ou Alzheimer sont d’autres facteurs. On observe souvent des troubles cognitifs liés au VIH chez les patients ayant débuté un traitement tardivement et avec un faible taux de CD4. Plusieurs facteurs se combinent souvent entre eux.

Susan Kamal et ses collègues1 ont étudié l’existence d’une possible connexion entre l’altération des fonctions cognitives liée au VIH et l’adhésion thérapeutique. Les patients étudiés s’étaient tous soumis auparavant à examen neurocognitif précis. 59 patients d’une moyenne d’âge de 53 ans ont été inclus à l’étude. Deux tiers des patients étaient de sexe masculin.

Un bon tiers des patients ne souffrait pas de déficit neurocognitif, un petit tiers présentait des difficultés neurocognitives liées au VIH et un autre tiers avait des problèmes neurocognitifs ne résultant pas du VIH – la plupart souffraient de dépression. Au fil des trois années de la période d’observation, l’adhésion au traitement - ou adhésion thérapeutique - s’est largement dégradée dans le groupe des sujets présentant des troubles cognitifs liés au VIH. Dans le même temps, la probabilité d’une charge virale détectable augmentait. Chez les deux autres groupes aucune péjoration de l’adhérence thérapeutique ne fut observée et les charges virales restaient stables.

L’étude révèle qu’en cas de troubles cognitifs, il convient de mieux surveiller la charge virale et l’adhésion pour éviter une défaillance virologique. En cas d’observation d’une hausse de la charge virale, les performances neurocognitives des patients concernés doivent être investiguées. On peut prévenir l’altération des fonctions cognitives, voire l’empêcher ou au moins l’atténuer – et cela passe idéalement par le fait de débuter un traitement suffisamment tôt et favoriser une bonne adhésion.

 

David Haerry / août 2017

 

1Kamal Susan et al, Open Forum Infectious Diseases 2017, DOI: 10.1093/ofid/ofx070