De nos vies – 31 mai 2018

Pour une Suisse sans hépatites virales

La Stratégie Hépatite Suisse a de nombreux projets pour l’année en cours: du rapport plus étroit avec les médecins traitants à des prisons sans hépatites, quatre projets sont prévus, qui visent à permettre l’élimination de l’hépatite virale.

Le réseau Stratégie Hépatite Suisse veut éliminer l’hépatite en Suisse d’ici 2030, selon le but que s’est fixé l’initiative privée lancée en 2014. Plus de 80 personnes à travers la Suisse, représentant les acteurs majeurs de la médecine et des patients, du secteur économique concerné, ainsi que des assureurs et des politiques, ont défini ensemble une vision commune.

Que signifie élimination?
L’élimination désigne la réduction significative de la charge constituée par la maladie, de sorte que l’hépatite virale ne soit plus une menace pour la santé publique. Le réseau a ainsi précisé les objectifs suivants:

  • Réduction des infections chroniques de 30 pour cent d’ici 2020, et de 80 pour cent d’ici 2030,
  • Réduction du nombre de transplantations hépatiques liées à l’hépatite virale de 30 pour cent d’ici 2020, et de 100 pour cent d’ici 2030,
  • Réduction du cancer du foie lié à l’hépatite virale de 30 pour cent d’ici 2020, pour atteindre l’éradication à échéance 2030.

Important à savoir: en 2016, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a formulé l’objectif de l’élimination de l’hépatite virale à échéance 2030.

La Suisse sur la bonne voie?
Une nouvelle étude montre que la Suisse a depuis peu pris le cap de l’élimination, se plaçant ainsi parmi les six premiers pays d’Europe qui sont sur la bonne voie. Dans le même temps, les auteurs soulignent toutefois que tous les pays doivent faire plus, si l’objectif global d’élimination veut être atteint. C’est là qu’intervient la Stratégie Hépatite Suisse.

Quatre projets
Le réseau initie quatre projets qui doivent aider à mettre en œuvre la vision d’une Suisse sans hépatites. Suite au gros travail de sensibilisation à l’hépatite virale effectué ces dernières années et à l’obtention, depuis fin 2017, que les médicaments anti-VHC ne soient plus accessibles aux seules personnes concernées présentant des lésions hépatiques avancées, mais à tous les patients avec infection chronique, des mesures ciblées sont requises. Les projets interviennent justement là où le besoin de traitement est le plus grand.

  1. Hépatite C: tester ou dépister? Il s’agit de tester, diagnostiquer et traiter tous ceux qui n’ont pas encore connaissance de leur infection. Une étude vise à déterminer s’il est plus efficace et plus rentable de tester les personnes une fois le niveau de risque établi par le médecin traitant ou de mettre en place un dépistage de l’hépatite C systématique des groupes de population les plus touchés, à un âge déterminé.
  2. Traiter l’hépatite C chez son médecin traitant: Les nouveaux médicaments simplifient considérablement le traitement. A l’heure actuelle, le traitement anti-VHC doit être prescrit – et suivi – par un spécialiste. À l’avenir, le médecin traitant doit pouvoir gérer le traitement du patient. Le projet vise à créer les conditions requises pour le rendre possible.
  3. Prévenir le cancer du foie chez les patients cirrhotiques: Les patients cirrhotiques présentent aussi, même guéris, un risque nettement plus élevé de développer un cancer du foie. D’où la nécessité de mettre en place un suivi à intervalle de six mois. L’étude veut déterminer le nombre de patients abandonnant leur suivi et développer des mesures pour inverser les choses.
  4. Label «Hepatitis Free»: Les détenus forment un groupe à haut risque. Des mesures incitatives, comme l’attribution d’un label pour les prisons sans hépatites, doivent améliorer la prévention et les soins de santé dans les établissements pénitentiaires.

Ces quatre projets couvrent les principaux champs d’intervention. La Stratégie Hépatite Suisse poursuit bien entendu son travail de sensibilisation. Il est ainsi prévu, cette année encore, une campagne pour la prochaine édition de la Journée mondiale contre l’hépatite, qui aura lieu le 28 juillet 2018.

 

Bettina Maeschli / Mai 2018